Une nouvelle compétence historique pour les infirmiers diplômés d'État
Décrets n° 2025-370 et 2025-371 du 22 avril 2025 Expérimentée à partir de 2023, la compétence a été pérennisée par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2025, puis encadrée par les décrets n° 2025-370 et 2025-371 du 22 avril 2025. Les infirmiers diplômés d'État volontaires peuvent établir des certificats de décès au domicile et en EHPAD, sous conditions.
Conditions : être volontaire, justifier d'au moins trois ans d'exercice depuis l'obtention du diplôme, être inscrit à l'Ordre, et suivre une formation conforme à l'arrêté du 22 avril 2025. L'attestation de formation se transmet ensuite à votre conseil de l'Ordre, qui tient la liste des infirmiers habilités.
Sans cette formation, un infirmier n'est pas habilité à établir un certificat de décès. Une fois habilité, chaque examen donne lieu à une rémunération forfaitaire de 42 €, portée à 54 € la nuit, le week-end, les jours fériés et dans les zones identifiées comme fragiles (arrêté du 26 juin 2025).
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Médecin légiste
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Infirmière libérale
Garantit l'ancrage dans la pratique libérale quotidienne et la posture professionnelle attendue.
Objectifs de transformation des pratiques
Constater un décès et différencier les modes de décès
Réaliser l'examen clinique du corps, identifier les signes positifs de la mort, dater le décès et repérer les obstacles médico-légaux.
Synthétiser le processus morbide et les causes de décès
Comprendre l'usage statistique des causes de décès (INSERM, CépiDc) et synthétiser le processus morbide de la cause immédiate à la cause initiale.
Remplir le certificat de décès (volets administratif et médical)
Appliquer les consignes réglementaires, assurer le codage CIM-11 et transmettre via CertDc en conformité avec les textes en vigueur.
Assurer traçabilité et validité juridique
Connaître ses responsabilités professionnelles, gérer les risques juridiques et les obligations d'assurance en cas d'erreur ou d'omission.
Respecter l'éthique et gérer la relation avec les familles
Adopter la posture professionnelle adaptée, garantir la dignité et la confidentialité, gérer les situations de deuil compliqué ou conflictuelles.
Rédiger l'attestation de mort naturelle
Maîtriser la rédaction complète (identité, date, heure, lieu, absence de cause violente, signature, RPPS) et gérer les cas particuliers (don du corps, prothèses à pile).
Programme DPC structuré et conforme ANDPC
3 séquences pédagogiques articulées en classe virtuelle synchrone : pré-test de positionnement, exposés interactifs, ateliers en sous-groupes (analyse de situations réelles), post-test de validation. Méthodes affirmative, interrogative et active, conformes aux recommandations HAS.
- Formation référencée FIF PL pour les professionnels libéraux
- Animée en direct par des cliniciens en exercice
- Attestation Qualiopi à l'issue de la formation
- Prise en charge possible par le FIF PL selon votre plafond annuel
Voir le détail des séquences
- 01
Statistiques, examen clinique et certification du décès
· 230 min - 02
Cadre administratif, juridique et éthique
· 240 min - 03
Rédaction des documents annexes et pratique professionnelle
· 240 min
Certificat de décès par l'infirmier : formation, conditions et délais
Chaque réponse est reprise du décret n° 2025-371 du 22 avril 2025, de l'arrêté du 22 avril 2025 sur la formation, de l'arrêté du 26 juin 2025 sur la rémunération et du code général des collectivités territoriales dans sa version en vigueur au 11 septembre 2026, modifiée par le décret n° 2026-697 du 28 juillet 2026.
Quelle formation est nécessaire pour un infirmier pour établir un certificat de décès ?
L'arrêté du 22 avril 2025 fixe un enseignement obligatoire de 12 heures, réparti en une journée et demie ou en trois demi-journées, en classe virtuelle ou en présentiel. Il comprend trois modules et se valide par un questionnaire à choix multiple. L'organisme de formation doit disposer de la certification qualité mentionnée à l'article L6316-1 du code du travail.
Conditions d'habilitation
Quatre points décident de l'habilitation, et la formation n'est que le deuxième :
- Ancienneté du diplôme : l'article D2213-1-1-4 du code général des collectivités territoriales exige d'être titulaire d'un diplôme d'État depuis au moins trois ans. Le texte vise l'ancienneté du diplôme, et non trois années d'exercice effectif : un infirmier diplômé depuis deux ans et demi ne peut pas encore être inscrit.
- Formation : 12 heures d'enseignement obligatoire fixées par l'arrêté du 22 avril 2025, en trois modules : statistique sur les causes de décès et examen clinique du processus mortel, module administratif et juridique, module système d'information. La réussite à un questionnaire à choix multiple conditionne la validation.
- Inscription : l'attestation de formation se transmet au conseil départemental ou interdépartemental de l'ordre des infirmiers du lieu d'exercice, et non à l'agence régionale de santé. Ce conseil vérifie les conditions, puis établit et met à jour la liste des infirmiers volontaires autorisés. Le conseil national diffuse la liste consolidée, rendue publique.
- Mode d'exercice : l'article D2213-1-1-4 du code général des collectivités territoriales vise « un infirmier volontaire », sans distinguer selon le mode d'exercice. Le forfait de l'arrêté du 26 juin 2025 vise, lui, les seuls infirmiers diplômés d'État libéraux ou exerçant dans les centres de santé.
Ce que les textes exigent de l'organisme de formation
Suivre une formation ne suffit pas : les textes encadrent aussi celui qui la dispense.
- Certification qualité : l'article D2213-1-1-5 du code général des collectivités territoriales impose que l'attestation soit délivrée par un organisme de formation mentionné à l'article L6351-1 du code du travail, disposant de la certification prévue à l'article L6316-1, dite Qualiopi. Une attestation délivrée hors de ce cadre n'ouvre pas l'inscription sur la liste ordinale.
- Équipe pédagogique : l'annexe de l'arrêté du 22 avril 2025 impose trois profils d'intervenants : un cadre de santé infirmier ou, à défaut, un infirmier diplômé d'État comme responsable pédagogique, un médecin légiste et un médecin généraliste. Une session animée par un seul intervenant ne répond pas au texte.
- Format : les modules de l'enseignement obligatoire peuvent être enseignés en classe virtuelle ou en présentiel. Une session de 12 heures en classe virtuelle synchrone est donc conforme, sans trajet ni journée de cabinet fermée en plus : c'est le format retenu par Keynove, avec les trois profils d'intervenants exigés.
- Supervision facultative : au-delà des 12 heures obligatoires, l'arrêté du 22 avril 2025 prévoit une partie additionnelle facultative : une séance de supervision de 3 heures sur une demi-journée, réalisée au minimum trois mois après l'obtention de l'attestation de formation. Elle ne conditionne pas l'inscription sur la liste ordinale.
Comment un infirmier est-il facturé pour les certificats de décès ?
L'infirmier ne facture pas le certificat de décès au patient ni à la famille : l'arrêté du 26 juin 2025 institue un forfait versé par l'assurance maladie, de 42 € pour un examen réalisé en journée et de 54 € la nuit, le week-end, les jours fériés ou en zone sous-dotée.
Rémunération de l'acte
Deux montants distincts, et des tranches horaires précises :
- Forfait de journée : l'arrêté du 26 juin 2025 fixe à 42 € le forfait rémunérant l'examen nécessaire à l'établissement du certificat de décès, pour les décès survenant en journée, entre 8 heures et 20 heures, dans les zones du territoire autres que celles déterminées comme fragiles en offre de soins médicale.
- Forfait majoré : le forfait passe à 54 € pour les décès survenant la nuit, entre 20 heures et 8 heures, et, de 8 heures à 20 heures, le samedi, le dimanche, les jours fériés, le lundi précédant un jour férié, le vendredi et le samedi suivant un jour férié, ou en zone fragile.
- Ce qu'il couvre : aucun acte, majoration ou frais de déplacement ne peut être facturé à l'assurance maladie en plus de ce forfait. Il vise les infirmiers diplômés d'État libéraux et ceux exerçant en centre de santé, pour un examen au domicile, en hospitalisation à domicile ou en établissement social ou médico-social.
- Révision : l'arrêté du 26 juin 2025 prévoit lui-même une réévaluation des montants vingt-quatre mois après sa publication, soit courant 2027. Les 42 € et 54 € constituent donc le barème applicable jusqu'à cette échéance, sauf texte modificatif antérieur.
Est-ce qu'une infirmière peut faire un certificat de décès ?
Oui, sous conditions, depuis le décret n° 2025-371 du 22 avril 2025. L'infirmière doit être volontaire, titulaire d'un diplôme d'État depuis au moins trois ans, avoir validé la formation prévue par l'arrêté du 22 avril 2025 et figurer sur la liste tenue par son conseil départemental de l'ordre. Seules les personnes majeures sont concernées.
Cadre d'intervention
Le texte définit moins un territoire qu'un périmètre, avec des portes fermées :
- Personnes majeures : l'article D2213-1-1-4 du code général des collectivités territoriales limite l'habilitation aux certificats de décès de personnes majeures. Pour un mineur, le certificat de décès relève d'un médecin, quelles que soient l'ancienneté du diplôme et la formation suivie par l'infirmier.
- Restrictions : trois situations restent fermées à l'infirmier : le décès survenu sur la voie publique ou dans un lieu ouvert au public, le caractère violent manifeste de la mort, et les cas mentionnés à l'article 81 du code civil. L'infirmier contacte alors un médecin ou les services d'aide médicale urgente.
- Documents consécutifs : une fois le certificat de décès établi, l'article D2213-1-1-4 du code général des collectivités territoriales habilite l'infirmier à établir les certificats, attestations et documents consécutifs au décès et s'y rattachant directement. La compétence ne s'étend en revanche à aucun acte d'état civil.
- Volontariat : le texte ouvre une faculté, non une obligation : selon l'article D2213-1-1-4 du code général des collectivités territoriales, un infirmier volontaire peut établir un certificat de décès s'il remplit les conditions. Le conseil de l'ordre tient la liste des infirmiers volontaires autorisés.
Un point souvent brouillé en ligne : l'habilitation ne vient ni de l'agence régionale de santé, ni de l'organisme de formation. L'organisme délivre une attestation, l'infirmière la transmet à son conseil départemental ou interdépartemental de l'ordre, et c'est ce conseil qui vérifie les conditions de l'article D2213-1-1-4 puis l'inscrit sur la liste. Le conseil national de l'ordre des infirmiers diffuse ensuite la liste consolidée, rendue publique.
Vérifier si vous remplissez les conditions d'habilitationQuel est le délai pour établir un certificat de décès ?
Aucun texte ne fixe de délai chiffré pour établir un certificat de décès. L'article R2213-1-2 du code général des collectivités territoriales impose au professionnel de santé qui a constaté le décès de l'établir dans les meilleurs délais, sur support électronique. Le volet médical reste modifiable quatre-vingt-seize heures après la transmission.
Les délais réellement inscrits dans les textes
Quatre échéances encadrent la chaîne, aucune ne fixe un nombre d'heures pour rédiger :
- Établissement dans les meilleurs délais : depuis le décret n° 2026-697 du 28 juillet 2026, l'article R2213-1-2 du code général des collectivités territoriales impose d'établir le certificat dans les meilleurs délais, sur support électronique. Le volet administratif est ensuite transmis par voie dématérialisée sécurisée à la commune du lieu de décès.
- Support papier : l'exception du domicile : lorsque le décès n'a pas eu lieu dans un établissement de santé public ou privé ni dans un établissement hébergeant des personnes âgées dépendantes, l'article R2213-1-4 du code général des collectivités territoriales permet d'établir le certificat sur support papier, transmis à la commune dans les meilleurs délais.
- Correction : quatre-vingt-seize heures : pendant les quatre-vingt-seize heures suivant la transmission du certificat de décès, le professionnel de santé peut modifier les informations du volet médical. La transmission elle-même ne peut intervenir que si le volet administratif et le volet médical sont intégralement établis.
- Inhumation : vingt-quatre heures au moins : l'inhumation ou le dépôt en caveau provisoire a lieu au moins vingt-quatre heures après le décès et, au plus tard, le quatorzième jour calendaire suivant celui du décès. Des dérogations individuelles peuvent être accordées, dans des circonstances particulières, par le préfet du département.
Pour un infirmier libéral, la question du délai se pose à l'envers. Aucune échéance chiffrée ne lui est imposée pour rédiger, mais rien ne commence avant lui : la fermeture du cercueil est autorisée par le maire du lieu de décès, sur présentation du certificat de décès établi par le professionnel de santé ayant constaté le décès et attestant que celui-ci ne pose pas de problème médico-légal.
Maîtriser la rédaction et la transmission du certificatQuelle différence entre acte de décès et certificat de décès ?
Le certificat de décès est un document médical : le professionnel de santé qui a constaté le décès l'établit en deux volets, administratif et médical. L'acte de décès est un acte d'état civil, dressé par l'officier de l'état civil de la commune où le décès a eu lieu, sur déclaration.
Deux documents, deux logiques
Même moment, mais ni le même auteur ni le même usage :
- Le certificat de décès : document prévu à l'article R2213-1-1 du code général des collectivités territoriales. Il comporte un volet administratif — commune de décès, date et heure du décès, nom, prénoms, date de naissance, sexe et domicile du défunt — et un volet médical relatif aux causes de décès.
- L'acte de décès : acte d'état civil régi par les articles 78 et 79 du code civil. Il énonce le jour, l'heure et le lieu du décès, l'identité et la profession du défunt, celles de ses père et mère, du conjoint ou du partenaire de pacs, et du déclarant.
- Qui l'établit : le certificat est établi par le professionnel de santé mentionné au premier alinéa de l'article L2223-42 du code général des collectivités territoriales, médecin ou infirmier habilité, qui a constaté le décès. L'acte est dressé par l'officier de l'état civil de la commune où le décès a eu lieu.
- À quoi chacun sert : le certificat de décès conditionne les opérations funéraires : la fermeture du cercueil est autorisée par le maire sur présentation du certificat attestant que le décès ne pose pas de problème médico-légal. L'acte de décès donne lieu, lui, à une mention en marge de l'acte de naissance.
Deux points que l'infirmier habilité doit connaître
- Anonymat du volet médical : le volet médical et le volet médical complémentaire ne comportent ni le nom, ni le prénom de la personne décédée, ni son numéro d'inscription au répertoire national d'identification des personnes physiques. Le volet médical est transmis, après chiffrement, à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale.
- Là où s'arrête le rôle infirmier : l'infirmier habilité établit le certificat de décès ; il ne dresse jamais l'acte de décès, qui relève du seul officier de l'état civil. Celui-ci l'établit sur la déclaration d'un parent du défunt ou d'une personne possédant les renseignements d'état civil les plus exacts et les plus complets.
D'où viennent ces réponses
- Décret n° 2025-371 du 22 avril 2025 relatif aux conditions de l'établissement des certificats de décès par les infirmiers diplômés d'État (Légifrance)
- Arrêté du 22 avril 2025 relatif à la formation délivrée aux infirmiers diplômés d'État pour l'établissement d'un certificat de décès (Légifrance)
- Arrêté du 26 juin 2025 relatif à la rémunération afférente à l'examen nécessaire à l'établissement du certificat de décès (Légifrance)
- Article D2213-1-1-4 du code général des collectivités territoriales (Légifrance)
- Article D2213-1-1-5 du code général des collectivités territoriales (Légifrance)
- Article D2213-1-1-6 du code général des collectivités territoriales (Légifrance)
- Article R2213-1-1 du code général des collectivités territoriales (Légifrance)
- Article R2213-1-2 du code général des collectivités territoriales, version en vigueur au 31 juillet 2026 (Légifrance)
- Article R2213-1-4 du code général des collectivités territoriales, version en vigueur au 31 juillet 2026 (Légifrance)
- Décret n° 2026-697 du 28 juillet 2026 relatif à la dématérialisation des certificats de décès (Légifrance)
- Article R2213-17 du code général des collectivités territoriales (Légifrance)
- Article R2213-33 du code général des collectivités territoriales (Légifrance)
- Article R2223-77 du code général des collectivités territoriales (Légifrance)
- Article 79 du code civil (Légifrance)