La télémédecine : un levier d'accès aux soins où l'infirmier devient médiateur numérique
La santé numérique transforme en profondeur l'organisation des soins en France. La télémédecine et les télésoins permettent de garantir un accès aux soins dans les déserts médicaux, de suivre les patients chroniques à distance et de fluidifier la coordination entre professionnels.
L'infirmier libéral occupe une place centrale dans ce dispositif : il peut assister les patients lors de téléconsultations médicales, assurer des télésoins de surveillance, utiliser des objets connectés pour le suivi à domicile et jouer le rôle de médiateur numérique auprès des patients les moins à l'aise avec la technologie.
Ce premier module vous fournit les bases réglementaires, techniques et pratiques pour exercer la télémédecine en toute conformité, avec les bons outils et les bonnes postures professionnelles.
Référence ANDPC
Enregistrement ODPC n° 9AKY · Action 9AKY2525020 — vérifiable sur le moteur de recherche de l'ANDPC.
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Votre obligation triennale
Cette formation est une formation continue. Associée à une évaluation des pratiques suivie sur la même période, elle permet de satisfaire votre obligation triennale.
L'obligation triennale est fixée par l'article R4021-4 du Code de la santé publique : soit le parcours recommandé par votre conseil national professionnel, soit au moins deux types d'actions différents, dont une relevant des orientations prioritaires. Le contrôle revient au conseil de l'ordre dont vous relevez. Une seule formation continue ne remplit pas cette seconde voie, quel que soit l'organisme. Toutes les actions DPC de Keynove relèvent des orientations prioritaires.
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Comment fonctionne l'obligation, qui la contrôle, ce que vous risquez : lire notre réponse sourcée →
Conçue par des experts terrain
Infirmière libérale pratiquant la télémédecine
Praticienne engagée dans les soins numériques à domicile, elle partage son retour d'expérience concret sur l'utilisation des outils et les situations rencontrées.
Expert en santé numérique et réglementation
Spécialiste des cadres réglementaires de la télésanté (HAS, Code de la Santé Publique), il apporte l'éclairage juridique et les bonnes pratiques applicables.
Objectifs de transformation des pratiques
Maîtriser la réglementation et les bonnes pratiques en télésanté
Connaître le cadre légal, réglementaire et conventionnel (Décret n°2010-1229 du 19/10/2010, avenant 6 — téléconsultation, avenant 9 — actes infirmiers), RGPD et HDS, responsabilité professionnelle, déontologie et secret médical.
Pratiquer la télésanté en lien avec l'équipe de soin et l'usager
Distinguer téléconsultation, téléassistance, télésurveillance, téléexpertise et télésoin · identifier les risques, enjeux éthiques et déontologiques · coordination avec le médecin traitant.
Utiliser les outils permettant d'interagir avec les usagers
Logiciels métiers et services numériques (interface praticien, tableaux de bord, agenda, partage sécurisé, visioconférence HD, interopérabilité DMP/MSS), tablette médicale, applications de communication.
Interagir de manière adaptée entre professionnels, avec l'usager, les aidants et les institutions
Communication adaptée avec patient/aidants/professionnels, transmission efficace de l'information, gestion de situations de tension en téléconsultation.
Utiliser un objet connecté ou une application mobile et analyser leur fiabilité
Connaître les catégories d'objets connectés et applications de santé, identifier les outils adaptés aux besoins (stéthoscope connecté, otoscope HD, dermatoscope, ECG 12 dérivations, oxymètre, balance impédancemètre), évaluer leur fiabilité.
Utiliser les outils et services socles adaptés (INS, CPS, e-CPS, Pro Santé Connect)
Identifier leur articulation avec d'autres dossiers partagés, sécurité informatique (chiffrement AES-256, 2FA, VPN, antivirus), nomenclature NGAP, télétransmission, dossier patient informatisé, consentement.
Favoriser l'intégration des outils numériques dans la pratique du soignant
Cas d'application et démarche de questionnement, articulation avec parcours de soin coordonnés, coordination ville-hôpital, suivi des rendez-vous, gestion des alertes.
Programme DPC structuré et conforme ANDPC
8 séquences pédagogiques articulées en présentiel : pré-test de positionnement, exposés interactifs, ateliers en sous-groupes (analyse de situations réelles), post-test de validation. Méthodes affirmative, interrogative et active, conformes aux recommandations HAS.
- Action publiée par l'ANDPC · N° 9AKY2525020
- Animée en direct par des cliniciens en exercice
- Attestation de participation à l'issue de la formation
- Prise en charge par l'ANDPC pour les IDEL éligibles, dans la limite du droit de tirage
Voir le détail des séquences
- 01
Introduction et objectifs
· 15 min - 02
Évaluation initiale — Pré-test
· 15 min - 03
Module 1 — Introduction et fondamentaux de la téléconsultation assistée
· 90 min - 04
Module 2 — Configuration technique et équipements connectés
· 90 min - 05
Module 3 — Cadre administratif et bonnes pratiques d'une téléconsultation assistée réussie
· 160 min - 06
Module 4 — Cas pratiques, mises en situations et échanges
· 30 min - 07
Évaluation finale — Post-test
· 15 min - 08
Conclusion
· 5 min
Télémédecine : qui la pratique, quelle place pour l'infirmier, quelles limites
Chaque réponse est reprise des articles L4111-1, L6316-1, L6316-2 et R6316-1 à R6316-6 du code de la santé publique, de l'arrêté du 3 juin 2021 définissant les activités de télésoin, de l'arrêté du 26 juin 2026 fixant la liste des actes et soins infirmiers, des recommandations de la Haute Autorité de santé sur la téléconsultation (mai 2019 et février 2024) et des pages de l'Assurance Maladie consacrées à la téléconsultation et à la télésanté infirmière.
Est-il possible d'avoir une infirmière en téléconsultation ?
Oui. Lors d'une téléconsultation assistée, une infirmière ou un infirmier peut être présent auprès du patient et assister le médecin ou la sage-femme, dans la limite de ses compétences et avec le consentement préalable du patient. La consultation reste un acte du professionnel médical ; l'infirmier exerce ses propres compétences à distance par le télésoin.
Rôle de l'infirmier pendant une téléconsultation
Ce que lui reconnaissent le code de la santé publique, la Haute Autorité de santé et l'Assurance Maladie :
- Assistance technique : l'article R6316-3 du code de la santé publique prévoit, lorsque la situation l'impose, la préparation du patient à l'utilisation du dispositif de télémédecine. Si le patient peine à communiquer à distance ou à utiliser les outils, la HAS admet, avec son accord, la présence d'un professionnel de santé accompagnant.
- Mesures physiques : selon la HAS, le professionnel de santé accompagnant peut assister le professionnel médical dans la réalisation de certains éléments de l'examen clinique ou d'un geste technique, dans la limite de ses compétences. Un tensiomètre, un otoscope ou un oxymètre connectés peuvent alors transmettre mesures et images au médecin.
- Aide au diagnostic : le diagnostic médical revient au médecin téléconsultant, qui juge de la pertinence d'une prise en charge à distance, en décision partagée avec le patient. Selon la HAS, un besoin d'examen physique direct peut rendre la téléconsultation inadaptée, sauf si un professionnel de santé présent a les compétences pour réaliser certains gestes à la place du médecin.
- Traçabilité : l'article R6316-4 du code de la santé publique fait inscrire au dossier du patient le compte rendu de l'acte, ainsi que l'identité du professionnel et, le cas échéant, celles des autres professionnels qui y participent, comme l'infirmier présent. Le médecin téléconsultant transmet son compte rendu au médecin traitant lorsqu'il ne l'est pas lui-même.
Les conditions d'une téléconsultation assistée
Quatre repères tirés des recommandations de la HAS et des pages de l'Assurance Maladie :
- Consentement préalable : la HAS conditionne l'accompagnement au consentement préalable du patient. Avant la téléconsultation, celui-ci est informé de la présence possible d'un professionnel de santé et du rôle de chaque intervenant, puis son consentement libre et éclairé est recueilli et tracé dans son dossier.
- Domicile ou lieu équipé : le patient peut téléconsulter seul ou accompagné par un professionnel de santé, si son état le nécessite, depuis son domicile ou depuis un lieu dédié équipé, comme une maison de santé pluriprofessionnelle ou une pharmacie dotée d'une cabine, précise l'Assurance Maladie.
- Vidéotransmission : la téléconsultation doit se faire par liaison vidéo, au moyen d'une solution technique sécurisée qui protège les données médicales, rappelle l'Assurance Maladie. Dans un lieu équipé, lorsque le patient est accompagné, la HAS demande que le champ de la caméra couvre l'ensemble des participants.
- Déontologie : l'infirmier qui accompagne une téléconsultation reste soumis aux règles de sa profession, notamment à son code de déontologie, souligne l'Assurance Maladie. La HAS ajoute que la personne présente auprès du patient s'engage à respecter la confidentialité des échanges.
Qui peut faire de la télémédecine ?
Un acte de télémédecine fait toujours intervenir un professionnel médical : médecin, chirurgien-dentiste ou sage-femme. Les autres professionnels de santé peuvent y prendre part, par exemple l'infirmier qui sollicite une téléexpertise ou assiste une téléconsultation auprès du patient. Pharmaciens et auxiliaires médicaux, infirmiers compris, pratiquent en outre le télésoin.
Les professionnels médicaux
Le code de la santé publique en compte trois, réunis dans son livre consacré aux professions médicales :
- Les médecins : tout médecin peut recourir à la téléconsultation, quels que soient sa spécialité, son secteur et son lieu d'exercice, en ville comme en établissement de santé, indique l'Assurance Maladie. Il juge de la pertinence d'une prise en charge à distance plutôt qu'en face-à-face, une décision que la HAS veut partagée avec le patient.
- Les sages-femmes : la sage-femme exerce une profession médicale, au même titre que le médecin et le chirurgien-dentiste, et peut donc réaliser des actes de télémédecine. L'Assurance Maladie précise qu'un infirmier peut assister le patient lors d'une téléconsultation réalisée à la demande d'une sage-femme comme d'un médecin.
- Les chirurgiens-dentistes : le chirurgien-dentiste est le troisième professionnel médical. La HAS précise que tout professionnel médical, chirurgien-dentiste compris, peut recourir à la téléconsultation, indépendamment de sa spécialité, de son secteur d'exercice et de son lieu d'exercice.
Les autres professionnels
Ils prennent part à la télémédecine sans réaliser l'acte médical ; certains pratiquent aussi le télésoin :
- Les infirmiers : les infirmiers peuvent requérir une téléexpertise auprès d'un médecin ou d'une sage-femme et assister une téléconsultation organisée à la demande d'un professionnel médical, indique l'Assurance Maladie. L'opportunité de la téléexpertise relève de la responsabilité du professionnel médical requis, qui en établit le compte rendu.
- Télésurveillance : l'article R6316-1 du code de la santé publique permet à un professionnel de santé d'enregistrer et de transmettre les données de télésurveillance, que le professionnel médical interprète. L'arrêté du 26 juin 2026 associe l'infirmier, dans des contextes pluriprofessionnels spécifiques, au contrôle en télésurveillance de dispositifs implantables rythmologiques mis en œuvre par le médecin.
- Pharmaciens et auxiliaires médicaux : les pharmaciens et les auxiliaires médicaux, infirmiers compris, sont les professionnels du télésoin désignés par l'arrêté du 3 juin 2021. L'article L6316-2 du code de la santé publique définit le télésoin comme une pratique de soins à distance, exercée dans le champ des compétences que ce code leur reconnaît.
- Les psychologues : l'article R6316-1 du code de la santé publique permet aux psychologues d'être présents auprès du patient pendant une téléconsultation. Ils ne figurent pas pour autant parmi les professionnels du télésoin, que l'arrêté du 3 juin 2021 limite aux pharmaciens et aux auxiliaires médicaux.
- Formation requise : les organismes et les professionnels de santé libéraux qui organisent une activité de télémédecine ou de télésoin doivent s'assurer que les professionnels qui y participent ont la formation et les compétences techniques requises pour utiliser les dispositifs correspondants, selon l'article R6316-5 du code de la santé publique.
Quels sont les inconvénients de la télémédecine ?
Les inconvénients de la télémédecine tiennent aux deux enjeux identifiés par la Haute Autorité de santé pour la téléconsultation : communiquer à distance, sans examen physique direct, et protéger les données de santé. S'y ajoutent la fracture numérique et les incidents techniques. L'offre de soins à distance vient en complément du présentiel.
Limites médicales et cliniques
Ce que la distance ne permet pas, d'après la Haute Autorité de santé et les textes en vigueur :
- Absence d'examen physique : lorsqu'un examen physique direct du patient est indispensable, le professionnel médical peut juger la téléconsultation inadaptée, selon la HAS. Elle cite aussi l'urgence médicale et la consultation d'annonce d'un mauvais pronostic parmi les situations où la téléconsultation peut ne pas convenir.
- Risque de sous-évaluation : selon la HAS, il n'est pas toujours possible d'identifier à l'avance les situations exigeant un examen physique direct : elles peuvent se révéler en cours de téléconsultation. Une prise en charge adaptée doit alors être proposée au patient, la téléconsultation ne devant entraîner aucune perte de chance.
- Restrictions réglementaires sur les soins : l'arrêté du 3 juin 2021 exclut du télésoin les soins nécessitant un contact direct en présentiel ou un équipement spécifique non disponible auprès du patient. En télémédecine, l'article L6316-1 du code de la santé publique limite à trois jours l'arrêt de travail prescrit ou renouvelé une première fois, sans renouvellement ultérieur, sauf exceptions.
Obstacles techniques et sociaux
Ce qui dépend du patient, des outils et de la relation de soin :
- Fracture numérique : la HAS demande de tenir compte de la capacité du patient à communiquer à distance : état cognitif, psychique ou physique, vue, audition, langue, usage des technologies. Des lieux équipés peuvent répondre aux besoins des patients sans équipement informatique ni connexion internet, ou en situation d'illectronisme, précise-t-elle.
- Problèmes techniques : un dysfonctionnement du matériel ou une rupture de connexion peut interrompre l'échange : la HAS demande de prévoir un mode dégradé et de connaître le téléphone du patient pour le recontacter. Les incidents techniques survenus sont inscrits au dossier du patient, selon l'article R6316-4 du code de la santé publique.
- Altération de la relation humaine : la HAS évoque une « barrière liée à l'écran », qui impose au professionnel d'être attentif à sa posture, à sa communication et à la qualité du son et de l'image. Lors d'une première téléconsultation, elle recommande d'adapter la durée de l'échange afin d'établir la relation avec le patient.
- Sécurité des données : l'article R6316-6 du code de la santé publique oblige les professionnels de santé à s'assurer que leurs outils de télésanté respectent les référentiels d'interopérabilité et de sécurité. La HAS requiert une authentification forte du professionnel médical, combinant au moins deux dispositifs, par exemple mot de passe et carte à puce.
D'où viennent ces réponses
- Article L6316-1 du code de la santé publique — télémédecine, version en vigueur depuis le 27 juin 2026 (Légifrance)
- Article L6316-2 du code de la santé publique — télésoin (Légifrance)
- Article R6316-1 du code de la santé publique — les actes de télémédecine (Légifrance)
- Articles R6316-2 à R6316-5 du code de la santé publique — conditions de mise en œuvre de la télésanté (Légifrance)
- Article R6316-6 du code de la santé publique — référentiels d'interopérabilité et de sécurité (Légifrance)
- Article L4111-1 du code de la santé publique — professions médicales (Légifrance)
- Arrêté du 3 juin 2021 définissant les activités de télésoin (Légifrance)
- Arrêté du 26 juin 2026 fixant la liste des actes et soins pouvant être réalisés par les infirmiers diplômés d'Etat, article 6 (Légifrance, JORF n° 0149 du 27 juin 2026)
- Qualité et sécurité des actes de téléconsultation et de téléexpertise : guide de bonnes pratiques, mai 2019 (HAS)
- Téléconsultation et téléexpertise : mise en œuvre, fiche mémo, mai 2019 (HAS)
- Lieux et conditions d'environnement pour la réalisation d'une téléconsultation ou d'un télésoin, recommandation validée par le Collège le 29 février 2024 (HAS)
- La téléconsultation — Médecin (ameli.fr, 21 janvier 2026)
- Réalisation des actes en télésanté — Infirmier (ameli.fr, 5 juillet 2023)