Module 2 : Passer de la connaissance à la pratique avancée en télémédecine
Ce second module approfondit les compétences acquises en module 1 et se concentre sur les situations complexes de la télémédecine : accompagnement des téléconsultations assistées, gestion des urgences à distance, communication thérapeutique avancée et personnalisation des projets de santé numérique.
La téléconsultation assistée par l'infirmier est en fort développement en France, notamment dans le cadre des maisons de santé pluriprofessionnelles, des EHPAD et des déserts médicaux. L'infirmier qui maîtrise ce rôle devient un acteur incontournable du système de soins numérique.
Ce module vous permet de vous exercer à des cas complexes réels, de maîtriser les protocoles avancés de télésanté et de construire votre posture professionnelle de médiateur numérique expert.
Référence ANDPC
Enregistrement ODPC n° 9AKY · Programme 9AKY2525021 — vérifiable sur agencedpc.fr.
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Votre obligation triennale
Cette formation est une formation continue. Ajoutez une évaluation des pratiques, et votre obligation triennale est validée.
Sur chaque période de trois ans, l'ANDPC exige au moins deux actions de types différents, dont une relevant des orientations prioritaires (art. R4021-4 du Code de la santé publique). Une seule formation continue ne suffit pas, quel que soit l'organisme. Toutes les actions DPC de Keynove relèvent des orientations prioritaires.
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Comment fonctionne l'obligation, qui la contrôle, ce que vous risquez : lire notre réponse sourcée →
Conçue par des experts terrain
Infirmière libérale pratiquant la télémédecine
Praticienne expérimentée dans les téléconsultations assistées, elle partage des cas concrets et des protocoles éprouvés sur le terrain.
Expert en santé numérique et réglementation
Spécialiste des enjeux réglementaires avancés de la télésanté et des protocoles de sécurité des données médicales numériques.
Objectifs de transformation des pratiques
Pratiquer la télésanté en lien avec l'équipe de soin et l'usager
Mettre en œuvre les bonnes pratiques pour garantir la qualité et la sécurité des soins · personnaliser et conduire un projet médical ou de soin de télésanté (conception, déploiement, évaluation) · choisir les outils adaptés selon préférences des patients · informer et accompagner patients et aidants.
Communication thérapeutique assistée — adopter un savoir-être et des principes éthiques
Identifier et accompagner une situation de précarité numérique ou un trouble lié au numérique, renseigner l'usager dans ses démarches, adopter les bonnes pratiques et outils pour interagir et partager des données de santé.
Simulation et pratique supervisée
Mise en situation pratique et analyse d'expérience : cas complexes multi-pathologies, situations d'urgence, barrières linguistiques, patients à besoins spécifiques (malentendants, malvoyants), débriefing en groupe, plans d'amélioration personnalisés.
Maîtriser la prescription des soins techniques à domicile
Gestion des perfusions (VVP, Midline, PICC Line, chambre implantable Huber, voies centrales), protocoles d'administration, surveillance, nutrition entérale/parentérale, examens du sommeil (polygraphe), procédures et traçabilité.
Gérer les urgences en téléconsultation assistée
Évaluation des situations critiques (scores EWS, critères d'appel SAMU, protocoles d'urgence, chain of survival), coordination avec les services d'urgence (transmission SAED, accueil des secours, suivi post-urgence).
Programme DPC structuré et conforme ANDPC
9 séquences pédagogiques articulées en classe virtuelle synchrone : pré-test de positionnement, exposés interactifs, ateliers en sous-groupes (analyse de situations réelles), post-test de validation. Méthodes affirmative, interrogative et active, conformes aux recommandations HAS.
- Programme déposé et validé auprès de l'ANDPC · N° 9AKY2525021
- Animée en direct par des cliniciens en exercice
- Attestation Qualiopi à l'issue de la formation
- Prise en charge 100 % par l'ANDPC pour les IDEL éligibles
Voir le détail des séquences
- 01
Introduction et objectifs
· 15 min - 02
Évaluation initiale — Pré-test
· 15 min - 03
Module 1 — Déroulement d'une téléconsultation assistée
· 70 min - 04
Module 2 — Communication thérapeutique assistée
· 90 min - 05
Module 3 — Simulation et pratique supervisée
· 30 min - 06
Module 4 — Prescription des soins techniques à domicile
· 90 min - 07
Module 5 — Gestion des urgences en téléconsultation assistée
· 90 min - 08
Évaluation finale — Post-test
· 15 min - 09
Conclusion
· 5 min
Télésoin et télémédecine : ce que dit la loi pour l'infirmier libéral
Chaque réponse est reprise des articles L6316-1, L6316-2, R6316-1, R6316-3 et R6316-4 du code de la santé publique, de l'arrêté du 3 juin 2021 définissant les activités de télésoin, de la fiche de bonnes pratiques de la Haute Autorité de santé de février 2021, de la page « Réalisation des actes en télésanté » de l'Assurance Maladie pour l'infirmier et de la NGAP dans sa version en vigueur au 1ᵉʳ septembre 2026.
Qu'est-ce que le télésoin ?
Le télésoin est défini par l'article L6316-2 du code de la santé publique comme une forme de pratique de soins à distance utilisant les technologies de l'information et de la communication. Il met en rapport un patient avec un ou plusieurs pharmaciens ou auxiliaires médicaux. Pour l'infirmier libéral, l'Assurance Maladie ouvre quatre actes à la facturation à distance.
Actes autorisés
Les quatre actes que l'infirmier libéral peut facturer à distance, selon l'Assurance Maladie :
- Surveillance post-hospitalisation : la séance de surveillance clinique et de prévention après une hospitalisation pour épisode de décompensation d'une insuffisance cardiaque ou d'exacerbation d'une bronchopathie chronique obstructive. La NGAP plafonne ce suivi à quinze séances et conditionne sa facturation à la formation de l'infirmier à ce suivi post-hospitalisation.
- Accompagnement médicamenteux : l'acte d'accompagnement à la prise médicamenteuse, prévu par la NGAP pour un patient non dépendant, polymédiqué et présentant des critères de fragilité identifiés par le médecin. Trois séances au maximum, à réaliser dans un délai d'un mois, avec un retour écrit au médecin.
- Patient insulino-traité : l'acte de surveillance et d'observation d'un patient diabétique insulino-traité dont l'état nécessite une adaptation régulière des doses d'insuline, en fonction des indications de la prescription médicale et du résultat du contrôle extemporané. La tenue d'une fiche de surveillance fait partie de l'acte.
- Suivi de pansement : l'acte de surveillance à distance d'un pansement, coté au coefficient 1,6 avec le code TMI. Quatre actes au maximum par mois et par patient, sous réserve qu'un pansement ait déjà été réalisé en présence du patient pour cet épisode de soins. Pas de cumul avec un pansement le même jour.
Conditions de réalisation
Les conditions à réunir pour qu'un acte à distance soit pris en charge :
- Patient connu : le patient doit avoir bénéficié d'au moins un acte ou bilan en présentiel avec cet infirmier, ou avec un collègue du cabinet de groupe, dans les douze mois précédant le télésoin. Sans cet antécédent, l'acte réalisé à distance n'est pas pris en charge.
- Même territoire : seul un infirmier exerçant sur le même territoire que le patient peut réaliser l'acte à distance. Au cours d'une série d'actes facturée pour un même patient, au moins un acte de la série doit avoir été réalisé en présentiel.
- Vidéotransmission : l'acte doit obligatoirement être réalisé par vidéotransmission, dans des conditions garantissant à la fois la confidentialité des échanges et la sécurisation des données transmises. Un simple appel téléphonique ne constitue donc pas un acte de télésoin facturable à l'Assurance Maladie.
- Consentement tracé : le patient est informé des conditions de réalisation du télésoin et des alternatives possibles, puis donne son consentement avant l'acte ; il peut le retirer à tout moment. La Haute Autorité de santé demande que ce consentement soit tracé dans le dossier du patient.
- Compte rendu archivé : chaque acte à distance fait l'objet d'un compte rendu établi par l'infirmier qui l'a réalisé, archivé dans son propre dossier patient pour en assurer la traçabilité. Ce compte rendu peut être versé dans le dossier médical partagé du patient lorsque celui-ci est ouvert.
- Seuil de 20 % : l'infirmier peut réaliser au maximum 20 % de son activité à distance. Les actes concernés se facturent avec le code acte spécifique TMI, dont la valeur est identique à celle de la lettre-clé AMI, en mode SESAM sans Vitale.
Quelle est la différence entre la télémédecine et le télésoin ?
La télémédecine est une pratique médicale à distance : elle met en rapport un professionnel médical avec un ou plusieurs professionnels de santé, entre eux ou avec le patient. Le télésoin est une pratique de soins à distance qui met en rapport un patient avec un pharmacien ou un auxiliaire médical. Les deux forment la télésanté.
Deux définitions distinctes dans le code de la santé publique
Un chapitre commun, deux articles et deux régimes :
- La télémédecine : l'article L6316-1 du code de la santé publique définit la télémédecine comme une forme de pratique médicale à distance utilisant les technologies de l'information et de la communication. Elle met en rapport un professionnel médical avec un ou plusieurs professionnels de santé, entre eux ou avec le patient.
- Le télésoin : l'article L6316-2 du code de la santé publique définit le télésoin comme une forme de pratique de soins à distance utilisant les technologies de l'information et de la communication. Il met en rapport un patient avec un ou plusieurs pharmaciens ou auxiliaires médicaux, dans l'exercice de leurs compétences.
- La différence à retenir : la télémédecine est un acte médical : un professionnel médical, c'est-à-dire un médecin, un chirurgien-dentiste ou une sage-femme, y prend part. Le télésoin est un acte de soin réalisé par un pharmacien ou un auxiliaire médical, dans le champ de compétences que le code lui reconnaît.
- Le point commun : télémédecine et télésoin forment ensemble la télésanté, réunie dans le chapitre VI du code de la santé publique. L'une comme l'autre imposent l'authentification du professionnel, l'identification du patient, l'accès aux données nécessaires et un compte rendu inscrit au dossier du patient.
Où se situe l'infirmier libéral
Trois situations, trois régimes de facturation distincts :
- En télésoin : l'infirmier libéral réalise lui-même l'acte à distance, dans la limite des quatre actes ouverts par l'Assurance Maladie et de 20 % de son activité. Il le facture avec le code TMI, à la valeur de la lettre-clé AMI, en mode SESAM sans Vitale.
- En téléconsultation accompagnée : l'infirmier est présent auprès du patient et assiste le médecin ou la sage-femme qui téléconsulte : l'acte de télémédecine reste celui du professionnel médical. L'accompagnement se cote TLS à 10 €, TLL à 12 € ou TLD à 15 €, hors seuil des 20 %.
- En téléexpertise : l'infirmier libéral peut solliciter l'avis à distance d'un médecin ou d'une sage-femme. La demande est valorisée 10 € avec la lettre-clé traçante RQD, dans la limite de quatre actes par an et par patient. Le compte rendu est établi par le professionnel médical requis.
Quels sont les 5 actes qui relèvent de la télémédecine ?
L'article R6316-1 du code de la santé publique retient cinq actes de télémédecine : la téléconsultation, la téléexpertise, la télésurveillance médicale, la téléassistance médicale et la réponse médicale apportée dans le cadre de la régulation médicale. Chacun de ces cinq actes suppose l'intervention d'un professionnel médical.
Les cinq actes de l'article R6316-1
Dans l'ordre du texte réglementaire, en vigueur depuis le 5 juin 2021 :
- Téléconsultation : la téléconsultation permet à un professionnel médical de donner une consultation à distance à un patient. Un professionnel de santé peut être présent auprès du patient et, le cas échéant, assister le professionnel médical au cours de l'acte : c'est la place ouverte à l'infirmier libéral.
- Téléexpertise : la téléexpertise permet à un professionnel de santé de solliciter à distance l'avis d'un ou de plusieurs professionnels médicaux, en raison de leurs formations ou de leurs compétences particulières, sur la base des informations de santé liées à la prise en charge d'un patient.
- Télésurveillance médicale : la télésurveillance médicale permet à un professionnel médical d'interpréter à distance les données nécessaires au suivi médical d'un patient et, le cas échéant, de prendre des décisions relatives à sa prise en charge. L'enregistrement et la transmission des données peuvent être automatisés ou réalisés par le patient.
- Téléassistance médicale : la téléassistance médicale permet à un professionnel médical d'assister à distance un autre professionnel de santé au cours de la réalisation d'un acte. Un infirmier libéral peut être ce professionnel assisté, mais l'acte de télémédecine reste celui du professionnel médical qui l'assiste.
- Réponse médicale : la réponse médicale apportée dans le cadre de la régulation médicale constitue le cinquième acte de télémédecine. Elle renvoie à la régulation mentionnée à l'article L6311-2 du code de la santé publique, c'est-à-dire à la réponse assurée par l'aide médicale urgente.
Ce que ces cinq actes changent pour l'infirmier libéral
Une conséquence pratique, souvent mal comprise :
- Aucun acte réalisé seul : les cinq actes de télémédecine supposent tous l'intervention d'un professionnel médical. Un infirmier libéral n'en réalise donc aucun de sa seule initiative : ce qu'il pratique à distance en son nom propre relève du télésoin, et non de la télémédecine.
- Deux points d'entrée rémunérés : un infirmier libéral peut requérir une téléexpertise auprès d'un médecin ou d'une sage-femme, et assister un patient lors d'une téléconsultation organisée à la demande d'un professionnel médical. L'Assurance Maladie valorise ces deux situations, avec la lettre-clé RQD et avec les codes TLS, TLL ou TLD.
- Une exigence matérielle stricte : la téléconsultation accompagnée par un infirmier doit se dérouler par vidéotransmission, dans des conditions garantissant la sécurisation des données, la traçabilité, la confidentialité des échanges et l'intimité du patient. Une connexion internet et une caméra sont nécessaires ; les smartphones sont exclus.
Combien de professions sont autorisées à pratiquer le télésoin ?
Dix-huit professions sont concernées par le télésoin : les pharmaciens et dix-sept professions d'auxiliaires médicaux, dont les infirmiers. L'arrêté du 3 juin 2021 ouvre le télésoin aux pharmaciens et aux auxiliaires médicaux ; la Haute Autorité de santé en détaille la liste, profession par profession, dans sa fiche de février 2021.
Les dix-huit professions concernées
Liste publiée par la Haute Autorité de santé dans sa fiche de février 2021 :
- Pharmaciens : les pharmaciens sont la seule profession de la liste qui ne relève pas des auxiliaires médicaux. L'article L6316-2 du code de la santé publique réserve le télésoin aux pharmaciens et aux auxiliaires médicaux : aucun professionnel médical, ni médecin, ni chirurgien-dentiste, ni sage-femme, n'y figure.
- Infirmiers : les infirmiers font partie des dix-sept professions d'auxiliaires médicaux autorisées. Pour l'infirmier libéral conventionné, l'ouverture réglementaire se double d'un périmètre de remboursement plus étroit : l'Assurance Maladie n'ouvre la facturation à distance qu'à quatre actes, avec le code TMI.
- Soins et rééducation : masseurs-kinésithérapeutes, pédicures-podologues, ergothérapeutes, psychomotriciens, orthophonistes, orthoptistes et diététiciens complètent le versant rééducation et suivi de la liste publiée par la Haute Autorité de santé. Chacun n'exerce à distance que les compétences que le code de la santé publique lui reconnaît déjà en présentiel.
- Appareillage et technique : audioprothésistes, opticiens-lunetiers, orthopédistes-orthésistes, orthoprothésistes, podo-orthésistes, épithésistes, ocularistes, manipulateurs d'électroradiologie médicale et techniciens de laboratoire médical ferment la liste. Avec les pharmaciens, les infirmiers et les sept professions de soins et de rééducation, le total atteint dix-huit.
Ce que le chiffre ne dit pas
Une profession autorisée n'est pas une profession autorisée pour tous ses actes :
- Soins exclus du télésoin : l'arrêté du 3 juin 2021 exclut du télésoin les soins qui nécessitent un contact direct en présentiel avec le patient, ou un équipement spécifique non disponible auprès de lui. La Haute Autorité de santé cite les massages, les vaccinations ou l'ajustement d'une orthèse parmi ces situations.
- Autorisé n'est pas remboursé : l'ouverture réglementaire du télésoin à une profession ne vaut pas prise en charge. Pour l'infirmier libéral conventionné, seuls quatre actes sont facturables à distance à l'Assurance Maladie, avec le code TMI, et dans la limite de 20 % de son activité réalisée à distance.
- Une décision partagée : le recours au télésoin relève d'une décision partagée du patient et du professionnel, selon l'arrêté du 3 juin 2021. La Haute Autorité de santé ajoute qu'une prise en charge exclusivement par télésoin n'est pas recommandée et que le premier soin devrait, autant que possible, avoir lieu en présentiel.
D'où viennent ces réponses
- Article L6316-1 du code de la santé publique — télémédecine (Légifrance)
- Article L6316-2 du code de la santé publique — télésoin (Légifrance)
- Article R6316-1 du code de la santé publique — les cinq actes de télémédecine (Légifrance)
- Articles R6316-2 à R6316-5 — conditions de mise en œuvre de la télésanté (Légifrance)
- Arrêté du 3 juin 2021 définissant les activités de télésoin (Légifrance)
- Qualité et sécurité du télésoin : critères d'éligibilité et bonnes pratiques pour la mise en œuvre, février 2021 (HAS)
- Réalisation des actes en télésanté — Infirmier (ameli.fr)
- NGAP, version en vigueur au 1er septembre 2026, titre XVI (ameli.fr)