La douleur aiguë chez la personne âgée : souvent sous-évaluée, toujours à prendre en charge
La douleur aiguë est fréquente chez les personnes âgées à domicile : douleurs post-opératoires, douleurs liées aux pathologies chroniques, chutes ou soins. Pourtant, elle reste souvent sous-estimée en raison des difficultés de communication, de la banalisation du phénomène douloureux et de la polymédication qui brouille les tableaux cliniques.
L'infirmier libéral, présent quotidiennement au domicile, est en position idéale pour détecter, évaluer et signaler la douleur aiguë. Il doit maîtriser les outils d'évaluation adaptés aux personnes âgées (notamment les patients avec troubles cognitifs) et connaître les protocoles de prise en charge médicamenteuse et non médicamenteuse.
Cette formation vous outille pour agir efficacement, en lien avec le médecin traitant, dès les premières manifestations douloureuses, et pour sécuriser la prise en charge tout en respectant le confort et la dignité du patient.
Référence ANDPC
Enregistrement ODPC n° 9AKY · Programme 9AKY2525029 — vérifiable sur agencedpc.fr.
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Votre obligation triennale
Cette formation est une formation continue. Ajoutez une évaluation des pratiques, et votre obligation triennale est validée.
Sur chaque période de trois ans, l'ANDPC exige au moins deux actions de types différents, dont une relevant des orientations prioritaires (art. R4021-4 du Code de la santé publique). Une seule formation continue ne suffit pas, quel que soit l'organisme. Toutes les actions DPC de Keynove relèvent des orientations prioritaires.
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Comment fonctionne l'obligation, qui la contrôle, ce que vous risquez : lire notre réponse sourcée →
Conçue par des experts terrain
Infirmière libérale spécialisée en gériatrie
Praticienne expérimentée dans la prise en charge de la douleur à domicile, formatrice certifiée sur les outils d'évaluation et les bonnes pratiques gériatriques.
Médecin algologue
Spécialiste de la douleur, expert des protocoles antalgiques adaptés à la personne âgée et des approches non médicamenteuses complémentaires.
Objectifs de transformation des pratiques
Décrire la douleur et chiffrer sa prévalence chez le sujet âgé
Définition selon l'INSERM et l'OMS, évolution des symptômes et prévalence chez le sujet âgé, chiffres clés (sources IASP et OMS).
Indiquer les recommandations dédiées et stratégies nationales
Plans successifs d'amélioration de la prise en charge de la douleur (dont 2006-2010), Stratégie nationale de santé (4 grands axes), documents officiels SFETD, ANSM.
Établir un bilan des connaissances sur la douleur aiguë du sujet âgé
Explorer les connaissances et besoins en formation des apprenants, renforcer les compétences pour mettre en évidence la douleur aiguë chez le sujet âgé à domicile.
Décrire la physiopathologie de la douleur aiguë
La peau, le système nerveux, les voies de la nociception, le cortex cérébral — schémas et film explicatif sur le système nerveux.
Différencier les différentes douleurs
Douleur aiguë, chronique, mixte, induite — symptômes de la douleur chronique (anxiété, dépression, irritabilité, isolement social, insomnie, fatigue) et retentissement sur la qualité de vie.
Présenter les outils pour évaluer la douleur aiguë
Règles de base pour évaluer, évaluation clinique et écoute, échelles HAS 2022 (EVA, EN, Doloplus, Algoplus, Questionnaire DN4, ECPA), traçabilité, fiche de surveillance à domicile, dossier de soins.
Mettre en évidence la douleur aiguë chez la personne âgée non communicante
Polypathologies, maladies neurodégénératives, isolement social, manque d'accès aux soins, dépression, confusion, déshydratation, vulnérabilité, comorbidités, troubles psychiatriques. Échelles MNA, HAD, Hamilton.
Expliquer les différents traitements de la douleur aiguë
Moyens médicamenteux et indications, les 3 paliers selon l'OMS, traitements non médicamenteux, éducation thérapeutique du patient, surveillance, effets secondaires, risque iatrogénie (HAS 2022 — bon usage des opioïdes). Prévenir la douleur induite lors des soins. Code de déontologie.
Expliquer la coordination des soins et le rôle de l'infirmier libéral
Place de l'infirmier dans la coordination, parcours de soins, traçabilité et transmissions au médecin traitant, dossier de soins infirmiers (DSI), DAC, CTA, PTA, CLIC, CPTS, MSP, SSIAD, associations d'aide à domicile.
Comprendre la place de l'IDE à domicile et maîtriser les bonnes pratiques HAS
Évaluations de la douleur à domicile, traçabilité, application des traitements et surveillance sur prescription, moyens non médicamenteux selon rôle propre, accompagnement face aux complications et retentissements de la douleur aiguë.
Programme DPC structuré et conforme ANDPC
12 séquences pédagogiques articulées en classe virtuelle synchrone : pré-test de positionnement, exposés interactifs, ateliers en sous-groupes (analyse de situations réelles), post-test de validation. Méthodes affirmative, interrogative et active, conformes aux recommandations HAS.
- Programme déposé et validé auprès de l'ANDPC · N° 9AKY2525029
- Animée en direct par des cliniciens en exercice
- Attestation Qualiopi à l'issue de la formation
- Prise en charge 100 % par l'ANDPC pour les IDEL éligibles
Voir le détail des séquences
- 01
Accueil et introduction
· 15 min - 02
Test de positionnement
· 5 min - 03
Objectifs 1 et 2 — Définition de la douleur, prévalence et recommandations
· 35 min - 04
Objectif 3 — Établir un bilan des connaissances des apprenants
· 30 min - 05
Objectif 4 — Décrire la physiopathologie de la douleur aiguë
· 25 min - 06
Objectif 5 — Différencier les différentes douleurs
· 40 min - 07
Objectif 6 — Présenter les outils pour évaluer la douleur aiguë
· 30 min - 08
Objectif 7 — Difficultés rencontrées : personne âgée non communicante
· 30 min - 09
Objectif 8 — Expliquer les différents traitements de la douleur aiguë
· 50 min - 10
Objectif 9 — Coordination des soins et rôle de l'infirmier libéral
· 60 min - 11
Objectif 10 — Place de l'IDE à domicile et bonnes pratiques HAS
· 60 min - 12
Questionnaire de fin de formation
· 40 min
Évaluer la douleur du sujet âgé : les échelles et leurs seuils
Chaque réponse est reprise de quatre documents ouverts en source primaire : la liste des échelles acceptées pour mesurer la douleur publiée par la HAS le 12 janvier 2022, la fiche outil n° 6 « Évaluation de la douleur » validée par le Collège de la HAS le 26 novembre 2020, la recommandation professionnelle Anaes d'octobre 2000 sur la douleur des personnes âgées ayant des troubles de la communication verbale, et la grille Algoplus diffusée par ses auteurs.
Comment évaluer la douleur chez une personne âgée ?
Chez une personne âgée capable de s'exprimer, l'auto-évaluation reste la référence : échelle verbale simple, échelle visuelle analogique ou échelle numérique. Lorsque l'auto-évaluation par le patient est impossible, la HAS recommande une échelle d'hétéro-évaluation dont la version française a été validée, associée à une analyse séméiologique et étiologique, répétée et consignée au dossier.
Patients communicants
Les trois échelles d'auto-évaluation acceptées chez l'adulte, avec le seuil qui déclenche une prise en charge :
- Échelle Verbale Simple (EVS) : cinq niveaux exclusifs : douleur absente 0, faible 1, modérée 2, intense 3, extrêmement intense 4. Dans la liste des échelles acceptées par la HAS, le patient nécessite une prise en charge de la douleur si l'échelle verbale simple est supérieure ou égale à 2, sur une échelle de 0 à 4.
- Échelle Visuelle Analogique (EVA) : cotée de 0 à 10 en centimètres ou de 0 à 100 en millimètres. La HAS fixe la prise en charge à partir de 4/10, soit 40/100. Chez un patient souffrant de troubles cognitifs, elle indique que l'évaluation de la douleur par une échelle visuelle analogique peut être difficile.
- Échelle Numérique (EN) : cotée elle aussi de 0 à 10 en centimètres ou de 0 à 100 en millimètres, avec le même seuil de prise en charge que l'échelle visuelle analogique : 4/10 ou 40/100. En présence de troubles cognitifs, la HAS la cite parmi les outils proposés, avec l'échelle verbale simple et le thermomètre de la douleur.
Patients non communicants
Quatre repères quand l'auto-évaluation n'est plus fiable :
- Échelle Algoplus : cinq items observés — visage, regard, plaintes, corps, comportements — cotés « oui » ou « non », soit un score sur 5. Ses auteurs l'ont développée pour la douleur aiguë du patient âgé présentant des troubles de la communication verbale. La HAS fixe la prise en charge à partir de 2.
- Échelle Doloplus-2 : dix items cotés de 0 à 3, répartis en cinq items somatiques, deux psychomoteurs et trois psychosociaux, pour un score global de 0 à 30. La recommandation Anaes de 2000 retient qu'un score supérieur ou égal à 5 sur 30 signe la douleur. Ses auteurs destinent Doloplus-2 à la douleur chronique.
- ECPA : huit items cotés chacun de 0 à 4 : quatre observés avant les soins, quatre pendant les soins, soit un score total de 0 à 32. La HAS fixe la prise en charge à partir de 6. Le temps de cotation oscille entre 1 et 5 minutes, par une seule personne.
- Observation globale : tout changement de comportement, spontané ou survenant pendant un soin, chez une personne âgée ayant des troubles de la communication verbale doit faire évoquer la possibilité d'un état douloureux et le faire rechercher. Une évaluation correcte associe l'échelle à une analyse séméiologique et étiologique.
Qu'est-ce que l'échelle Doloplus ?
L'échelle Doloplus-2 est une grille française d'hétéro-évaluation de la douleur, destinée aux personnes âgées présentant des troubles de la communication verbale. Elle comporte dix items cotés chacun de 0 à 3, soit un score global de 0 à 30. Un score supérieur ou égal à 5 sur 30 signe la douleur.
Les dix items de la grille Doloplus-2
Trois sous-groupes, répartis proportionnellement à la fréquence des manifestations rencontrées :
- Retentissement somatique (5 items) : plaintes somatiques, positions antalgiques au repos, protection de zones douloureuses, mimique et sommeil. C'est le sous-groupe le plus fourni de Doloplus-2, et celui qui se documente le plus facilement lors d'un passage à domicile auprès d'un patient non communicant.
- Retentissement psychomoteur (2 items) : la toilette et/ou l'habillage, puis les mouvements. Attention au contresens : la recommandation Anaes de 2000 précise que ces deux items de Doloplus-2 n'évaluent ni la dépendance ni l'autonomie, mais bien le changement de comportement lié à une éventuelle douleur.
- Retentissement psychosocial (3 items) : la communication, la vie sociale et les troubles du comportement. Ces trois items supposent de connaître le patient : la recommandation Anaes de 2000 admet qu'il n'est pas nécessaire d'avoir une réponse à tous les items de Doloplus-2, face à un patient encore mal connu.
Comment lire le score
Le chiffre ne vaut que rapporté à son mode d'emploi :
- Le seuil de 5 sur 30 : un score supérieur ou égal à 5 sur 30 signe la douleur, écrit la recommandation Anaes de 2000. Elle ajoute que la réévaluation doit être quotidienne, qu'une courbe des scores peut être utile et que la comparaison des scores entre patients différents n'a aucun sens.
- Les scores proches du seuil : pour les scores avoisinant 5 sur 30, la recommandation Anaes de 2000 demande de laisser le bénéfice du doute au malade. En cas de doute, un test pharmacologique à visée antalgique est proposé : si le comportement observé change avec la prise d'antalgique, la douleur est incriminée.
- Quand ne pas l'utiliser : lorsque la personne âgée est communicante et coopérante, la recommandation Anaes de 2000 juge logique d'utiliser les outils d'auto-évaluation. Lorsque la douleur est évidente, il est plus urgent de la calmer que de l'évaluer ; au moindre doute, l'hétéro-évaluation évite la sous-estimation.
- Un outil qui s'apprend : l'utilisation de l'échelle Doloplus-2 nécessite un apprentissage et une cotation, si possible, en équipe pluridisciplinaire, indique la HAS. C'est ce travail de cotation, de recotation et de traçabilité que la formation Keynove fait pratiquer sur des situations rencontrées au domicile.
C'est quoi l'échelle Algoplus ?
Algoplus est une échelle française d'hétéro-évaluation de la douleur aiguë chez la personne âgée présentant des troubles de la communication verbale. Elle comporte cinq items d'observation cotés « oui » ou « non », soit un score sur 5. Un score supérieur ou égal à 2 justifie une prise en charge antalgique.
Les cinq items d'Algoplus
À observer dans cet ordre ; un seul comportement présent suffit à coter l'item « oui », soit un point :
- 1 · Visage : froncement des sourcils, grimaces, crispation, mâchoires serrées, visage figé. Sur la grille Algoplus, la simple observation d'un comportement doit impliquer sa cotation, quelles que soient les interprétations étiologiques éventuelles de sa préexistence.
- 2 · Regard : regard inattentif, fixe, lointain ou suppliant, pleurs, yeux fermés. C'est le deuxième domaine observé : Algoplus demande de regarder d'abord les expressions du visage, puis celles du regard, puis les plaintes émises, les attitudes corporelles et enfin le comportement général.
- 3 · Plaintes : « aïe », « ouille », « j'ai mal », gémissements, cris. Erreur fréquente signalée par les auteurs d'Algoplus : coter cet item « non » parce que le cri du patient est attribué à la démence, ou parce que le patient crie depuis longtemps.
- 4 · Corps : retrait ou protection d'une zone, refus de mobilisation, attitudes figées. Les auteurs recommandent Algoplus notamment pour les douleurs provoquées par les soins ou les actes médicaux diagnostiques, ainsi que pour les accès douloureux transitoires comme une poussée douloureuse sur cancer.
- 5 · Comportements : agitation ou agressivité, agrippement. Sur la grille Algoplus, l'agrippement se cote « oui » quel que soit le support : le patient lui-même, le soignant ou tout autre support. Le coter « non » parce qu'on l'attribue à la peur de tomber est une erreur signalée par les auteurs.
Lire et suivre le score
Le seuil de 2 n'est pas qu'un chiffre de dépistage :
- Le seuil de 2 sur 5 : un score supérieur ou égal à 2 permet de diagnostiquer la présence d'une douleur avec une sensibilité de 87 % et une spécificité de 80 %, et donc d'instaurer de façon fiable une prise en charge thérapeutique antalgique. La HAS retient le même seuil.
- L'objectif du traitement : la prise en charge est satisfaisante quand le score Algoplus reste strictement inférieur à 2. Ses auteurs demandent de pratiquer régulièrement de nouvelles cotations : une cotation isolée ne dit rien de l'efficacité de l'antalgique mis en place.
- Algoplus ou Doloplus-2 ? : Algoplus a été développée pour les pathologies douloureuses aiguës — fractures, zona, post-opératoire, ischémie, lumbago, rétentions urinaires — et pour les douleurs provoquées par les soins. Leurs auteurs destinent Doloplus-2 à la douleur chronique. Les deux s'adressent au patient qui ne peut pas s'auto-évaluer.
Quelle est la différence entre l'échelle EVA et l'échelle EN ?
L'échelle visuelle analogique et l'échelle numérique mesurent toutes deux l'intensité de la douleur, de 0 à 10 en centimètres ou de 0 à 100 en millimètres, et la HAS leur applique un seuil de prise en charge identique : 4/10, soit 40/100. La différence se joue chez la personne âgée présentant des troubles cognitifs.
Ce que la HAS dit de chacune
Deux échelles d'auto-évaluation traitées à égalité dans la liste des échelles acceptées :
- Même graduation : l'échelle visuelle analogique et l'échelle numérique se cotent de 0 à 10 en centimètres ou de 0 à 100 en millimètres. Sur le tableau de correspondance de la HAS, la ligne « EN ou EVA (en mm) » classe 1 à 39 en douleur faible, 40 à 59 modérée, 60 à 79 intense, 80 à 100 insupportable.
- Même seuil de prise en charge : la HAS écrit que le patient nécessite une prise en charge de la douleur si l'échelle visuelle analogique est supérieure ou égale à 4/10 ou 40/100, et exactement la même phrase pour l'échelle numérique. Aucune des deux n'y est présentée comme plus fiable que l'autre.
- La différence qui compte en gériatrie : en présence de troubles cognitifs, la HAS propose d'utiliser l'échelle numérique, l'échelle verbale simple, le thermomètre de la douleur ou le thermomètre à bande, l'évaluation de la douleur par une échelle visuelle analogique pouvant être difficile chez ces patients.
- Et l'EVS ? : l'échelle verbale simple cote la douleur en cinq niveaux, de 0 pour une douleur absente à 4 pour une douleur extrêmement intense, avec un seuil de prise en charge à 2. Elle fait partie, comme l'échelle visuelle analogique et l'échelle numérique, des échelles d'auto-évaluation acceptées chez l'adulte.
La règle qui prime sur le choix de l'échelle
Quel que soit l'outil retenu, deux consignes valent pour tous :
- Le même outil avant et après : la HAS recommande d'évaluer la douleur avec le même outil avant et après traitement, afin de mesurer l'impact de ce dernier. Changer d'échelle entre deux passages rend la comparaison des scores inexploitable pour le médecin traitant.
- Tracer et répéter : la HAS demande que l'évaluation de la douleur soit répétée au cours du suivi et que les scores obtenus soient consignés dans le dossier du patient. Pour l'hétéro-évaluation, la recommandation Anaes de 2000 cite au domicile la feuille de soins ou le cahier de liaison.
D'où viennent ces réponses
- Liste des échelles acceptées pour mesurer la douleur — HAS, 12 janvier 2022
- Évaluation de la douleur, fiche outil n° 6 — recommandation « Le pied de la personne âgée : approche médicale et prise en charge en pédicurie-podologie », HAS, validée par le Collège le 26 novembre 2020
- Évaluation et prise en charge thérapeutique de la douleur chez les personnes âgées ayant des troubles de la communication verbale — recommandations professionnelles, Anaes, octobre 2000 (annexes : grilles Doloplus-2 et ECPA)
- Grille Algoplus et consignes de passation — doloplus.fr, auteurs de l'échelle